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Arménie
Rider : Brynild Vulin, Gaby Bessy et Bruno Rivoire
Photos :Jako Martinet
Un soir estival, en sifflant un petit quelque chose les doigts de pieds
en éventail, on parle de l'Arménie un pays de montagne,
et donc de ski. Deux bouteilles de machin plus tard, on ouvre l'atlas
du monde.
Le pays du grand Charles, petite rustine géographique est montagneusement
située dans le Caucase.
Alors voilà le topo, 90% du territoire du pays est situé
au dessus de 1000m d'altitude, historiquement, son point culminant historique
c'est le mont Ararat, 5160m, mais après quelques péripéties
guerrières et autres sombres épisodes de l'histoire, l'Ararat
se trouve en Turquie. Actuellement le nouveau sommet le plus haut est
le mont Aragats 4095m. On apprend qu'il existe un stade de ski du nom
de Tzaghadzor, à une heure de route d'Erevan, capitale arménienne.
A force de chercher on a fini par trouver un contact avec laquelle nous
avons pu magouiller la trame de ce cette histoire.
 
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Voilà donc que c'est
parti depuis Grenoble en train, un photographe, deux skieurs, et trois
différents, (traduire snowboarders). Genève, Munich, bretzel
binouze choucroute, course de chariots, sex shop, avion et atterrissage
à Erevan vers 4h du mat heure locale. Le survol du pays avant
l'atterrissage est toujours le moment de se demander ce qu'on fout là,
mélange d'excitation, d'impatience d'arriver et d'inquiétude
de l'inconnu, bref la magie du trip se met en place.

Ci-dessus, Bruno Rivoire.
Erevan Tzaghadzor
Au travers du hublot pas ou peu de lumières, l'Arménie
c'est 11 hab au km²
Çà caille grave, les abords du tarmac de l'aéroport
sont bien bien glace souviens toi comme on était bien entrain
de siffler une fraîcheur en plein été quelques lignes
plus haut
Ci-contre, Brynild Vulin.
Les formalités d'obtention de visa se font sur place, face à
une brochette de moustachus pas drôles du tout à qui on
doit rendre la petite fiche d'usage à remplir dans l'avion.
L'ambiance se gâte quand ils nous voient arriver armés
de nos trois différents avec lesquels on a bien tizé des
binouzes et autres alcools dispo dans l'avion.
Çà rigole plus du tout quand les moustachus voient la
façon dont le feuillet est décoré au verso dessins
et hiéroglyphes reflet d'un état d'esprit de cuite en
phase de redescente
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Le matin au travers de la
fenêtre, les ouvriers qui soudent des fers à béton
pour l'étage du nouvel immeuble se caillent bien fort, les mecs
font cramer leurs pompes dans le feu pour se réchauffer les pieds
En bas dans la rue, de la neige, des gens habillés de noir pour
la plupart déambulent sur des trottoirs couverts de glace.
Direction Tzaghadzor, là
bas au fond, une chaîne de montagne plutôt aguichante, plus
loin on aperçoit aussi une centrale nucléaire, des panneaux
de pub apparaissent, et au fond de la vallée, on aperçoit
des lignes de TS, le chauffeur nous confirme que c'est bien notre destination.
Autant dire que là çà fait moins les malins. A
vu de nez, le spot est flat, presque même pas de quoi prendre
de l'élan pour tailler un kicker

Photo ci-dessus l'équipe
et à droite Brynild en action.
On vient de rebaptiser la station, de Tzaghadzor, on passe à
directement à Platazzor.
Dés ce moment là, on peut comprendre que souvent dans
un trip ski, le ride en lui-même devient un simple prétexte
au voyage.
Tzaghadzor way of life
Nous voilà donc installés dans des cabanes style mobile
home ou on pourrai laisser un jaunet à température du
matin au soir sans que le glaçon ne fonde.
Inquiets on monte à pince le km qui nous sépare de la
station pour checker le spot. Sur la route des mecs se tirent la bourre
en skiddoo à l'arrache.

Sur le front de neige, les
installations de la station sont récentes et les pistes tellement
damées que t'as même pas envie de les skier pour pas les
abîmer.
C'est le soir, bien sûr on se fait traquer, ils veulent nous louer
des skis et chaussures. Impossible de se comprendre, sauf avec la calculatrice
d'un téléphone portable, portable que même t'en
a pas vu en France.
Les gonziers sortent tout droit du film " Les Démons de
Jésus ", bref, des frangins à Jésus et Néné
pour ceux qui connaissent, tous en noir, blouson en cuir et pompes à
spatule dans la neige.
Ils nous montrent fièrement leur matos (des années 90),
et aussi l'écran de veille du portable, une photo d'un calibre
et de grenades, et tout ce petit monde sent bon la vodka

Ci-dessus photo de gauche,Brynild Vulin, photo de droite Gaby Bessy.
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En haut du spot de Tzaghadzor,
le point de vue déchire tout, d'un côté le Lac
Sevan, immense banquise qui s'étend à perte de vue,
de l'autre, les monts Ararat, (en turquie), et le mont Aragats, et
en bas, la centrale nucléaire qui fume tranquillement, le tout
est enneigé et noyé dans une pure lumière rose
du coucher du soleil.
Juste un moment bien caillant mais magique.
Bon d'accord le spot n'est pas extrême mais la qualité
de la neige est bonne.
Magie de la peuf
Pour peu qu'on s'intéresse un poil à la nivologie, la
neige rencontrée en Arménie est particulière.
Bien sûr les crêtes sont soufflées, mais dans la
forêt c'est de la peuf légère, vraiment incroyable,
si incroyable qu'elle est inskiable.

En fait, le manteau neigeux est composé de trois strates qui
correspondent souvent aux trois grosses chutes de la saison, sur le
dessus, de la poudre, sous la poudre une croûte de regel, (celle
qui vous donne l'illusion de la portance et que vous allez vous gaver),
et enfin environ un mètre de gobelets.
Quand on avance à ski sur un endroit plat, le manteau neigeux
s'affaisse par endroits, pas vraiment rassurant mais bon pas de risque
sur le plat
Lorsqu'on
se met en mouvement pour rider, la croûte s'effondre et les
skis plongent radicalement à la verticale au fond dans les
gobelets, en avant ou en arrière selon l'appui et inutile de
rectifier c'est la boite assurée synonyme de noyade
Ci-contre Gaby Bessy.
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Lac Sevan
Changement de décor, le lac nous fait face, il est entièrement
gelé, c'est l'un des plus vastes lacs d'altitude du monde. Il
est situé dans la province de Geghark'unik', à l'est de
l'Arménie, le Lac Sevan, c'est 5 % de la surface de l'Arménie,
il est situé à une altitude de 1 898 mètres.
Le décor est hallucinant, on se promène sur cette glace
comme sur de la banquise, la glace fait bien 50cm d'épaisseur,
on entend souvent des bruits bizarres de craquements sourd. Cette banquise
se confond avec l'horizon et çà caille dur, ambiance vraiment
polaire, de quoi faire rentrer l'escargot dans sa coquille
Cela dit en hiver, c'est pratique de pouvoir avancer sur l'eau, même
pas besoin d'écarter les roseaux pour pêcher au large.
L'été,
on imagine l'endroit rempli de vacanciers, genre côte d'usure.
Outre les hôtels, des bungalows sont posés sur la plage,
il y a aussi des cabanes, dont certaines semblent être des anciennes
grandes cuves à mazout avec des fenêtres, comme dirai l'autre,
rien ne se crée, rien ne perd, tout se transforme
Tout est en couleurs vives, çà tranche avec le blanc de
la banquise
Des paysans sont là pour faire boire les vaches dans le lac grâce
à un trou creusé dans la glace. Leurs gamins en seront
quittes pour leur première leçon de snowboard, la plage
en pente douce est idéale pour débuter.
Moment vraiment cool de voir à quel point un instrument de glisse
peu rendre tout le monde heureux.
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Pêche à la ligne
Plus loin sur cette banquise des pêcheurs, relèvent quelques
poissons.
" Charles Aznavour, La Bohème ??? "
Pas de réponse, mais un regard intrigué.
" Fransouski ??
Yes heuu, Da, da !! "
Le visage du pêcheur s'illumine de quelques dent en or et il chante,
" ooohh champ élysés, ooohh champ élysés
", certes c'est pas nos références, mais le contact
peut s'établir.
Les gars sont deux frères dont l'un d'eux est le portait craché
de Rastapopoulos, ils taillent du trou dans la glace à la hache
et n'hésitent pas à mettre le bras complet dans l'eau pour
brasser leur pêche.
Ils finissent par nous expliquer que eux, le poisson ils le mangent dans
le style ragoût accompagné de pain et de vodka, ont leur
dit qu'on a de la vodka.

Photos ci-dessus, Gaby (à gauche) et Brynild (à droite).
Ils vident les plus gros poissons, et voilà qu'on les suit en file
indienne sur cette banquise en direction de leur local dans une grosse
maison genre un peu coopérative de pêcheur. La pièce
fait 8m² max, on est 8 dans le gourbi. Il faut brancher le radiateur,
c'est un vieux radiateur en fonte bouché d'un côté,
enfilé d'une résistance électrique en bas, et d'un
entonnoir pour le remplir d'eau en haut. Deux fils dénudés
partent de la résistance pour se brancher dans le mur et le merdier
se met en route.
Pour le ragoût, une gamelle, un fond d'eau, les tranches de poissons,
12 cuillères à soupe de sel, une feuille de papier pour
couvercle. La cuisinière, un socle composé d'une résistance
électrique, Rastapopoulos torsade les fils et les branche dans
le mur pour que çà chauffe.
La table est dressée, des feuilles de mots fléchés
pour assiette, tes doigts pour couvert, un verre pour la vodka et du pain
pour éponger. Les trinquages s'enchaînent.
Magie que ces moments de vie
propres au voyage où il faut dix minutes pour se comprendre sur
un mot très simple, tellement simple que lorsqu'on finit par se
capter tout le monde est mort de rire.
Çà chauffe dans le gourbi, trois quilles de vodka ont débaroulé,
la tête des poissons est aspirée, le repas est fini. La journée
est morte, (il est 16h), perdu pour perdu, on propose d'aller chercher
des autres bouteilles, ce à quoi nos hôtes nous font savoir
qu'une fois le repas fini on picole plus.
Une photo de groupe dans la bonne humeur et chacun file dans sa chambre
Malgré ces rencontres loin du ski, il n'en reste pas moins qu'il
faut essayer de rider.
Photos ci-dessus, Bruno Rivoire
précis.
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Les
antennes de Hrazdan
Les jours suivants, on repère une colline bardée d'antennes
au dessus de Hrazdan une ville à quelques bornes de là ou
nous sommes. Peut être du potentiel ridable et de la pente.
Des locaux nous posent à l'entrée de la ville à côté
d'un vieux carrousel, vestige rouillé d'un lieu de vie et de jeux
à l'écart d'une ville qui sent la tristesse.
La colline est en vue, il faut traverser la ville. Pour entrer dans la
ville, on passe devant un khatchkar, sorte de croix en pierre sculptée
avec des motifs à base de rosaces, derrière, une arche dans
l'axe d'une rue sorte de porte d'entrée de la ville presque posée
là au milieu de nulle part.
Dans la ville, partout des barres d'immeubles alignées de façon
géométrique, reliées les unes aux autres par des
étendages de linges, drôles de guirlandes colorées.
Des réseaux de tuyaux pour desservir les immeubles passent au dessus
des rues.
Les arméniens que l'on croise sont tous habillés de noir
et hallucinent de nous voir marcher ski sur le dos sur les trottoirs et
au milieu des rues.
Une heure plus tard, on déboule en haut de la colline qui domine
la ville la vue est belle, entre lac Sevan et centrale nucléaire
Ci-dessus, Bruno Rivoire en action.
Des antennes partout, un vieux bulldozer tout défoncé.
La porte du local technique est entrouverte, on est accueillis par trois
ingénieurs qui gèrent un espèce de binz, des télés,
des tableaux électriques avec des fils partout. Sur le mur, une
carte de l'Ex URSS et de ses présidents successifs, le chef ingénieur
un poil nostalgique, nous les présente un à un.
Ils nous invitent autour de la table, assis dans des canapés défoncés,
on se regarde et on rigole sans vraiment se comprendre à fond.
Ils nous font le café, le vrai, celui qui déchire et qui
va nous booster pour rentrer chez nous ce soir.
La descente se fait entre les pierres, le spot est finalement un peu sec.
Une pose course dans une épicerie en attendant le van qui nous
ramène à Erevan nous sera fatale. Des locaux arrivent en
Lada, là, tout s'enchaîne. Ils sortent une quille, on discute
et on trinque à la gnole locale, retour sur Erevan à base
de vodka, entraînés dans la spirale de la cuite de fin de
trip, Erevan nous accueille fatigués dans la dure perspective d'un
retour à la normale.
Quand le ski n'est qu'un prétexte au voyage

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Pratique et liens utiles
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Magouiller
le trip : prendre contact avec Hyur Service sur le net, agence
de prestations dédiée au tourisme qui vous transporte,
vous squatte pour dormir, bref tout se passe sur leur site.
http://www.hyurservice.com/fr/
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Y aller
Billet : voir sur le net.
Le passeport seul suffit, à l'aéroport de Erevan,
faudra se soumettre à la rafale de douaniers et éviter
de décorer le feuillet de demande de visa.
Tunes : 1€ = environ 430 Dram
Prix du visa sur place : 15 000 Dram (35€)
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Se
déplacer entre les spots : voir avec Hyur service, c'est
le plus simple car se déplacer avec une voiture de location
c'est se faire arrêter par les flics et raquer du bakchich.
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Infos
sur la station de Tzaghadzor:
Rando - freeride : gros potentiel en arménie, mais vraiment
gaffe à la stabilité du manteau neigeux qui n'est
pas stable.
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