Japon 2008

Riders: Xavier Leonti et Sarah
Photos : Jako Martinet
Texte: Xavier Leonti

Big City Life
Il est minuit, la vie nocturne bat son plein mais le dernier métro ne vas pas tarder. Il faut rentrer à l'hôtel sous peine de devoir attraper un taxi et un rhume de porte-monnaie ! Une ville de plus de 20 millions d'habitants et un métro qui ferme si tôt : une des nombreuses contradictions qui caractérisent la société japonaise. Mais ne nous arrêtons pas là, la capitale du pays numéro 1 en automobile et en électronique, célèbre pour ces mangas et animations est une fourmilière géante. A mon sens, son attrait réside plus dans la curiosité du mode de vie et la " modernité " ambiante que dans le côté purement culturel, même si bien sur, musées et temples font parti du lot. Comme je dis toujours, en bon rider de base, on fera les musées quand on sera à la retraite, pour l'heure c'est salle de jeux et shopping !!


Le quartier à la mode se trouve à l'ouest de la ville, il répond au nom de Shibuya. C'est ici que la jeunesse tendance traîne, que la mode se fait et se défait. Un des carrefours les plus peuplés de la planête. A chaque passage au vert pour les piétons, c'est une déferlante humaine qui se déplace et envahit la route, tout simplement impressionnant. C'est un de ces quartiers aux milles néons et enseignes lumineuses qui courent jusqu'au sommet des buildings pour éclairer la nuit. A voir…de nuit de préférence ! On comprend l'attirance que Shibuya exerce. Des magasins de fringues de fou, des restos tous les 10 mètres, des love hotels (avec les filles qui vont avec !) , du divertissement en pagaille, encore des magazins de gadget et électronique…Bref un quartier branché dans toute sa splendeur, façon tokyoite ! Je vous passe les queues à 9 heure du mat dans les rue, d'autochtones qui attendent pour jouer au pachinko. Un des nombreux jeux d'argent qui pullulent ici mais qui, contrairement aux bandits manchots et outre l'infime chance de vous faire gagner de l'argent, vous rendra sourd et sans doute stupide ! Un jeux à base de billes d'acier qui tombent dans un vacarme étourdissant et dans une atmosphère enfumée à souhait. Il faut être né dedans pour pouvoir supporter ce cauchemar ou alors être vraiment désespéré et au bord de la ruine. Vu le nombre de salle de ce type et leur taille, on ne peut que rester perplexe et songeur devant un tel spectacle.

Notre visite touristique se poursuit, le jardin impérial mérite le détour les deux seuls jours de l'année où l'empereur ouvre les portes de sa modeste maison, sinon vous vous contenterez de la vue sur les douves et quand même de ces pins parasol taillés de mains de maître qui pose la frontière entre les grattes ciel et les vieilles pierres de la demeure de chef nippon.

Le hasard faisant bien les choses, nous croisons quelques anciens et nouveaux riders de la canadian air force, qui remonte du Nippon Open, en la personne de Charles Gagnier ou JF Cusson. Ceux ci vont continuer leur trip vers le nord pour un peu plus de poudreuse et un peu moins de contest ! Nous, du nord, on en vient alors on est bien placé pour dresser le topo. Fini la ville et la foule, direction Sapporo !

Flash Back
A Londres, nous sommes déjà un peu tendu. En effet, on attrape de justesse le vol pour Tokyo, chance dont les housses à skis ne bénéficieront pas, on s'en doutait. On atterrit donc deux vols plus tard sur l'ile d'Hokkaido, une des quatre îles principales qui composent l'archipel de 3900 îles du pays ! Contrairement à Honshu, Hokkaido n'est pas très peuplé : 4% de la population du Japon pour 20 % du territoire, ça laisse de la place à la nature et aussi à la neige de tomber. Les dépressions qui arrivent de la Sibérie déversent des litres de flocons sur les volcans de l'île et malgré la mer du Japon toute proche, la neige est incroyablement sèche. Autant couper court au suspens, nous ne sommes pas là par hasard : la quête de poudreuse nous amene ici car après quelques recherches, il s'avère que Niseko est l'une des stations les plus enneigées de la planète. La deuxième d'après le magazine économique américain Forbes, devant Alta ( Utah ) et Alyeska (Alaska), rien que ça ! Les discussions vont bon train sur les forum suite à la parution de cette liste de 20 stations bénits des Dieu de la neige mais une chose est sure avec plus de 595 pied de neige par hiver, nous ne sommes pas loin de la vérité !
Le hic, c'est que notre premier jour tombe à l'eau ( à la neige serait plus juste !) vu que le matériel nécessaire à la pratique de notre sport d'hiver chéri se ballade quelque part entre ici et ailleurs ! Il fait beau, chose rarissime à l'instar de l'Alaska car pour avoir beaucoup de neige, il faut qu'elle puisse tomber ! Elle a donc chu les jours précédents et aujourd'hui, les nuages sont aussi absent que nous sur la montagne. Enfin presque, nous sommes au pied de cette dernière, et on se venge en lacérant 40 cm de peuf à l'aide de scooter que l'on a dégoté à l'aide de Luke, un australien qui bosse pour une grosse banque américaine qui vient de racheter un hotel monstre, tel une verrue géante sortie de terre pour offrir à ceux qui auront le porte monnaie assez solide du " all inclusive, ski in , ski out ".

Oui, ici c'est l'étranger qui fait la main basse sur le business : américains mais plus souvent australiens achètent et colonisent ! Les constructions ressemblent plus aux maisons qui bordent les côtes australiennes qui fleurent plus la plage que les flocons ! On dirait que les japonais ne gèrent plus que la restauration. On leur demande, et ça leur va bien. Tout le monde semble donc heureux ici. Enfin, une conditions pour l'être et le rester, c'est d'avoir un portefeuille ou une carte bleue costaud car les tarifs, malgré un forfait qui reste très raisonnable, sont à l'image du standing : assez élevé.



Vous l'avez compris, aucun traits caractéristiques du Japon dans cette station aux couleurs occidentales. Seule la nourriture et bien sur les pancartes et autres visuels vous rappellent que vous êtes en terre nippone. Autre conséquence, vous ne serez pas seuls non plus sur les skis. Le nombre de snowboarders est impressionnant, un des secteurs de la station dispose d'un park respectable ( hanazono) et une ligne de rail un peu trop plate quand même. Un school bus à jiber ou à gaper sympathique, le seul hic, en février il était déjà recouvert et seul le toit restant faisait office de box !



On vient à Niseko pour sa poudreuse, et skieur ou boardeurs, tout le monde trace ! Il y a ici aussi des zones interdites en permanence, malheureusement et le reste du domaine est assez ludique avec de belles forêts et larges combes. Le gros souci, c'est que tout le monde y va ! Il y a même une trace de dameuse qui monte jusqu'au sommet, pour faciliter l'accès. " A poil ", la fleur au fusil, allons-y gaiement ! La encore, je constate l'effet de la déresponsabilisation, caractéristique commune aux endroits où la réglementation est drastique et où l'on anhile la réflexion. Je m'emballe peut-être car quand on regarde chez nous, c'est pas mieux. Et justement, chez nous, on s'y croirait presque. Sauf qu'ici, c'est pire ! Tu t'engages et c'est en moyenne, une dizaine de kiwis qui t'emboîtent : le pas ! Pas facile d'avoir un peu de tranquillité ! Le volcan n'offre pas de grandes difficultés et peut être skier sur de multiples expositions, mais rien de très secret... Les peaux offriront de nombreuses possibilités pour vous rapprocher de la mer du Japon toute proche mais attention, il neige beaucoup, souvent et avec plus ou moins de vent ( la station fut fermée un jour pendant notre séjour : tempête de neige et forts vents), est il besoin d'en dire plus ?



L'avantage de la neige qui tombe, cas de figure le plus probable même si nous avons eu une rarissime tempête de ciel bleu de trois jours, c'est que le mauvais temps qui l'accompagne permet de tracer nettement plus tranquillement. Les moutons sont plus frileux quand toutes les conditions ne sont pas réunies pour se faire plaisir. Mais ne vous y trompez pas, la mythique poudreuse attire de plus en plus de monde et solitude est un mot qui n'existe pas ici.
Dans tous les sens du terme d'ailleurs, il y a tellement de bruit ici ! Forfaits, remontées, et cerise " on the cake " : des hauts-parleurs à tous les pylônes possibles. Avec une " speakeuse " qui parle souvent. Infos pratiques ou autres, on se croirait aux Nouvelles Galeries et ce n'est pas du plus bel effet. Mais la neige permet de prendre du bon temps à l'égal des quantités qui tombe !




Malgré la faible altitude, Niseko se pose là, avec des quantités de neige dans les rues, tel que les hommes ne savent plus où la mettre. C'est un ballet perpétuel de lames et chasse-neiges qui luttent sans discontinuer, pour ne pas de laisser le village aux mains de la nature. Il faut régulièrement " re-écarter les routes " et enlever de la neige via des camions bennes pour redonner forme aux trottoirs disparus. Les rattracks retirent de la neige sous les lignes des télésièges pour ne pas les transformer en téléski ! D'ailleurs, il n'y en a aucun ici…
Dans la stations, les maisons et les immeubles ont tous un périmètres de " sécurité ", matérialiser par des chaines, rubans, ou autre. Peu importe pourvu que le danger soit signaler. Quel danger ? Les chutes de neige du toit bien sur ! En France, nous avons de tels panneaux mais heureusement ou malheureusement, ils tendent à devenir obsolète si bien que peu y font attention. Le tableau est tout autre ici. Il y a plusieurs centaines de kilos de neige et de glace sur les toits. Malgré un gros travail de déneigement, il en reste et quand elle tombe ça fait mal.




Il faudrait bien peu de temps, avec une chute comme lors de notre départ, pour voir toutes les routes, les voitures disparaître. Les routes sont serties de panneaux et lumière en tout genre, de quoi permettre une circulation minimum en cas de gros temps. Nous n'avions pas compris pourquoi le signalement était aussi important, car nous étions arrivés sous le beau temps. Maintenant on comprend.



On rêve tous de se voir bloquer…mais à conditions de pouvoir en profiter. Il neige mais il souffle anormalement fort. L'aéroport était fermé hier, la station l'est aujourd'hui ! Le séjour est passé bien vite. Chance nous a été donné de voir le panorama mais aussi un domaine surtracé, à l'instar que n'importe quel endroit plein de poudreuse et de ciel bleu. Les chutes de neiges suivantes ont redonné le ton du trip mais le vent qui souffle d'habitude a fait beaucoup de zèle rendait nos jeux favoris difficilement réalisables. Le premier contact fut toutefois sympathique, je pense cependant que revenir une autre fois est vraiment indispensable pour se faire une idée, comment dire…plus profonde.

Guide pratique

Décalage horaire : 8H en hiver
Taux de change : 1€ = 160 Yen

Accès
Niseko se trouve sur l'ile d'Hokkaido
On peut y arriver par la route mais plus simple en avion, aéroport de Sapporo ( Chitose )
On vous déconseille fortement British Airways aux vues des amères expériences vécues avec eux durant ce trip.
Tarif navette aéroport/ Niseko : 2300 yen

Logement
Hirafu village est le principal lieu de vie, Higashiyama ne propose qu'un hotel pour ceux qui en ont, et Hanazono et Annupuri n'offre que de quoi vous restaurer durant la journée.
www.harmonyresorts.com ( plus excellent site web pour avoir la météo en vidéo au jour le jour)
www.hokkaidotracks.com

Se nourrir
Moults restos en tout genre, le poisson coûte cher !! Pour des prix plus raisonnables, cherchez des restaurants en dehors des axes principaux, ils sont plus roots mais proposent des prix moins élevés même si il faudra s'en doute en reprendre deux fois

Skier
le domaine
altitude : 650 m / 1308 m
37 remontées mécaniques et plus d'une 60 de pistes ( 50 km )
environ 50 km de pistes
ouvert de 8h30 à 9h du soir !! ( une partie pour le ski de nuit !)
attention aux reptations qui forment parfois de vrai crevasses car la neige tombe sur des roseaux qui se couchent !! On ne les voit qu'une fois le nez dedans, c'est pas drôle
forfait
all mountain pass (les 4 secteurs )
1 jour : 5200 yen
une semaine : 32200 yen

Liens

  • Le site web de Xavier Leonti pour visioner des videos de ski et de skate.