Kamtchatka 2008

Rider : Bruno Garban
Photos : Xavier Ferrand

Certains ont dit " Hein, tu va au Kamtchatka chatte quoi ???? "
D'autres ont joué au Risk, jeu de société à base de stratégie militaire des années guerre froide, ceux là m'ont seulement répondu sans trop savoir : " j'attaque l'Alaska par le Kamtchatka".

Le Kamtchatka c'est une péninsule montagneusement volcanique, un peu un trou perdu, là bas, à l'est de l'est au-delà de la Sibérie.

Mais aujourd'hui, à quoi bon attaquer l'Alaska et ne pas aller simplement rider au Kamtchatka, il y a de la neige, des montagnes, des hélicos, et puis la bouffe et les filles de l'Est, bon, voilà quelques arguments.



Photo ci-dessus, Bruno Graban découvre le spot.

Aller au Kamtchatka, c'est très long, un voyage qui commence comme une sorte de passage d'un monde à un autre, un voyage dans le voyage.
Tout se fait lentement. Paris, la civilisation du stress, ensuite Moscou, ou l'ambiance commence à changer, il y fait plus froid, l'architecture est différente, les gens aussi, un petit air de bloc de l'est en pleine transmutation socio économique
Puis l'attente au terminal d'aéroport n° 1 à Moscou, d'ou décollent les vols en partance vers là bas, à l'Est de la Russie.



Les bâtiments sont d'époque communiste, massifs et en béton, tout est resté dans son jus.
Le chek in, puis l'attente commence, dans la salle d'embarquement.
Les locaux qui vont prendre le même vol que nous sont ceux qui rentrent au pays, très loin à l'Est de la Sibérie.
Alors l'imaginaire prend place, comment sont les villes du Kamtchatka?
Et les gens, comment vivent t ils ?
Tout çà sent bon l'embarquement vers le bout du monde…



L'appel des passager est fait, dans l'avion le stress monte d'un cran tout le monde flippe cette panique atteint sont paroxysme à l'issue du décollage. Puis tout se calme.
Si les conditions météo sont bonnes on skiera dés le premier jour, pour être en forme, il faut anticiper le décalage horaire et dormir au plus vite.
Un verre d'eau et on avale une pilule rose, sans savoir que le repas sera servi peu après, juste le temps de l'effet du produit…

La moitié du repas terminera renversé sur les croquenots de la voisine pour cause de crise soudaine de narcolepsie.
S'ensuit donc une bonne nuit de sommeil digne d'une sieste Corse.
Il faut dormir le plus longtemps possible pendant que continue le passage…

L'avion traverse la nuit et rattrape le lever de soleil. Nous survolons, un plateau blanc à perte de vue, puis soudain, l'horizon se remplit de montagnes souvent en forme d'arc de cercle qu'on imagine être un ancien volcan dont une face est écroulée et en bas, une vallée.
Mais aucune trace de civilisation nulle part, sûrement le somnifère, un brin toxique ce produit…


Finalement l'avion fait une boucle pour préparer son approche avant d'atterrir.
La fin du passage est proche, car nos amis russes stressent et se mettent en prière, dehors à côté de la piste apparaissent des silhouettes d'avions de chasse et autres hélicos qui rappelleraient des souvenirs de guerre à John Rambo.
L'atterrissage, se fait face à un volcan recouvert de neige au cône parfait : le Koryaksy il culmine à 3 456m d'altitude.
C'est la fin du passage, bienvenue au Kamtchatka…




Le Kamtchatka c'est pas l'Alaska avec ses lignes verticales ici c'est plus du freeride version grand ski et gros déniv': un spot grand comme quatre cinquièmes de la France, à la merci des MI8 et des spatules du rider.
C'est le MI 8, hélicoptère mythique de l'armée russe affrété par la compagnie YAK&YETI qui nous ouvrira les portes de ce paradis.
Le matin départ de l'hôtel, arrivée à la DZ, enregistrement des listes de vols, décolage, ride toute la journée (en moyenne 7 à 8 dépose à base de 100M de déniv chacune), et à chaque fois , du très grand ski avec vue sur mer depuis les contreforts de cratères des nombreux volcans du Kamtchatka…




Partir de là haut à 2500m d'altitude pour arriver sur la plage dans un paysage hallucinant de beauté.
A la descente, le mélange des sens est incroyable.
Depuis le sommet, la vue sur l'Océan est imprenable.
Puis, la descente s'engage toute en glisse, la mer approche et sur les derniers mètres, juste avant la plage, skis aux pieds, le plus fou est de sentir l'odeur de la neige s'estomper pour laisser place à la forte odeur des embruns.
La sensation est juste déstabilisante…




Fin de la journée, stop à la pompe à binouze, direction l'hôtel et listronage de binouze tranquille dans la piscine extérieure de l'hôtel chauffée grâce au sous-sol bouillonnant du Kamtchatka…





On recommence demain ??


Pratique

Préparation
Un trip çà se prépare, cette évidence n'a jamais été aussi vraie lorsque l'on part pour la Russie.
D'entrée de jeu, oubliez de partir comme çà, sans avoir un contact sûr là bas, les locaux ne parlent que très peu anglais, à part billet, passeport et police.
Et puis de votre coté, vous ne piperez pas un mot à l'alphabet cyrillique.


Le visa :
Avant toute chose, il faut un correspondant sur place qui doit faire une lettre d'invitation nominative, puis compléter votre dossier de demande de visa avec une attestation d'assurance rapatriement et photos d'identité. Envoyer les justificatifs avec votre passeport à l'ambassade de Russie en France. Ensuite il faut prier pour obtenir le fameux sésame à temps. Pour aller plus vite, vous pouvez solliciter Visa Express, ils connaissent la musique.
Ambassade de Russie :
40 Bd Lannes
75016 PARIS


Prix des billets : compter aux alentours de 900 € (bien sûr, plus la réservation est faite tôt, moins le billet sera cher).
Vols à voir selon ce que proposent les compagnies mais la seule desservant la destination qui nous intéresse est Aéroflot, voilà qui laisse le choix…
France - Sherementyevo/ Sherementyevo - Petropavlosk
Arrivé à Moscou, prévoir environ trois heures entre les deux vols, car outre mater les filles de l'est, il y a des trucs à faire et surtout gérer le transfert entre le terminal 1 et le terminal 2 de Sherementyevo. La solution la moins onéreuse est le bus pour 100 R par tête, il faut se faire préciser les horaires au point info, ensuite il existe des mini bus à 300 R par tête, voir un peu à la tête du client, et enfin le taxi environ 70 € par tête pour un tour en logan (pas break).
France - Domodedovo / Domodedovo - Petropavlosk :
Depuis la France, vous pouvez arriver aussi à Domodedovo, c'est l'autre " aéroport de Moscou " (situé à plus d'une heure de la capitale), là encore il vaut mieux prévoir une journée de battement à Moscou ou une bonne marge pour gérer le transfert depuis Sherementyevo.


Yak&Yeti guides et prestataires :
Yak et Yeti envoie des skieurs à longueur d'année dans les pays de l'Est depuis plus de vingt ans, autant dire qu'il y a de l'expérience…
Fort de cette expérience pour l'organisation de trips à travers le monde, outre la prestation héliski, Yak et Yeti peut aussi gérer l'obtention du visa et le billet d'avion pour votre compte ce qui n'est pas une mince affaire pour aller triper à l'Est…
Exemple : pour le Kamtchatka, sur la période du 14 mars au 26 avril 2009, forfaits à partir de 3 590 Euros par personne pour 15 déposes héliski, guide, hôtel transferts, matos de sécurité etc…


Tunes :
1€ = environ 36 Roubles.
Décalage :
C'est le gros dossier du trip : Moscou + 2 heures, Petropavlosk +09 heures depuis Moscou.
Mission : essayer de se caler de suite et donc de ne pas dormir sauf à l'heure locale même après un jour et demi de voyage sinon y a un risque de s'endormir cinq minutes et de passer son temps à déambuler et attendant le lendemain, et alors il sera dur de rider au top le premier jour.


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