Russie freestyle, hiver 2006

Spot : Moscou et St-Pétersbourg
Riders : Hissam Sid et Carim Bouzenada
Photos : Jako Martinet

Prêt à faire 5000 km pour rider en ville ou sur des collines ne dépassant pas les169 mètres de dénivelée, il est loin le temps des rides kafi de pow entre amis.
Tout est dans la barre de slide qu'elle soit en fer, inox, acier, ou alu, autant de métaux qui font rêver cette nouvelle génération de freestyler. On peux dire qu'aujourd'hui le downtown skiing est une discipline à part entière.


Photo de droite, Hissam Sid en rail slide urbain.

Il y a quelques années lors d'un trip dans le Caucase, de retour de Moscou, j'avais repéré des stations et des parks en pleine ville sur le trajet de l'hôtel. Cela m'interpella : " le prochain trip dans ce pays, on oubliera les barbus, l'helico et ses pentes de poudre vierge pour laisser place au baggy et ski de 178 rebiquant aux extrémités". Quelle idée j'ai eu…

A gauche, Carim Bouzedana sur une grosse montagne de neige !!

Assistance technique.
Si l'envie vous prend d'aller rider à Moscou après un repas du dimanche bien arrosé, c'est pas forcement une bonne idée. Là-bas tout est différent de chez nous, la langue et surtout l'alphabet cyrillique. Si l'envie persiste alors pensez à mettre un sésame dans votre sac de type "petit gars interprète " vous sauvant la mise à toute heure. Le nôtre s'appelait Antoine Petit. Il a géré toutes ces différents. Et croyez le ou pas, ça n'a pas été un luxe !!!

Heureusement pour nous, il connaissait bien tous les méandres de ce pays encore paradoxale et si décalé. A la fois, si obsolète, lourd héritage de l'aire communiste et si en avance technologique. Ce phénomène saute aux yeux même dans les centres villes. Entre snowpark hitech et mausolée de Lénine ; Mc Do et magasins d'état ; limousine à faire pâlir un baron du pétrole texan et ancestrale Lada.


Ça meule, - 30°C
C'est le mois de janvier, et cette année, le réchauffement de la planète a foiré en laissant comme il se doit le climat sibérien s'installer. Au programme des températures en moyennes de - 27°C jusqu'à - 31°C pendant la journée, on ne vous parle pas de la nuit. Le froid nous transit, dès la sortie de l'hôtel. On éprouve des difficultés à respirer, l'air sec brûle les poumons. La ville est en alerte, la consommation d'énergie est à son paroxysme et malgré cela, le chauffage des locaux publics est inexistant. Les voitures se figent les unes après les autres sur le bord des routes. Pas de sans abris près des bouches de métro aux courants d'air sensés être chauds, pas de déplacements anodins, tous déplacements doivent être utiles, le plaisir de la balade en ville est proscrit, dommage les filles pour le shoping moscovite.


L'orient à la sauce russe.
Carim Bouzenada et Hissam Sid, les deux riders du team Movement originaire du pays " di soleil " et " di couscous " arrivent au pays des soviets. L'ambiance glaciale à l'extérieure a tendance à se réchauffer assez facilement assis autour d'une table arrosé d'une bonne vodka, barbiturique anti Alzheimer frelaté. Très rapidement les cellules du cerveau reçoivent un message de gaitée due au 45° d'alcool pur et tout devient assez fun dans ce pays.

Mais avec un nom de consonance orientale, mieux vaux rester sur ses gardes. Il n'est pas rare de voir de nuit sur les grilles baissées des shop, des tags à croix gammée, avec comme slogan " la Russie au Russe ", ce qui plante un peu le décore. Mais encore une fois, ce sont les faits et gestes de gens isolés. Toutefois le contexte général à vrai dire est un peu froid. Ambiance locale !!! La politesse n'est sans nul doute pas la première matière enseignée à l'école. En général, une fois familiarisé avec ces us et coutumes, pas de problèmes au quotidien mais juste une atmosphère un peu hostile.

Rail in town, Moscou :
C'est la course, mettre les shoes de ski sans se brûler un orteil ou un doigt à cause du froid, sortir le matos photo, en priant que ce nouveau boîtier numérique gavé d'électronique ne bogue pas. Un petit shape de kick, 3 passages bien gérés, vite fait bien fait et on peut rentrer le matos et les bonhommes au chaud. C'est de la survie, tant pour l'humain que pour le matériel.

Au préalable à nos sessions, nous avons rencontré Alex et Kostia, deux jeunes moscovites riders et organisateurs du trip. La veille au soir, sur leur PC, ils nous ont fait une présentation de tous les rail répertoriés dans la ville. La suite, juste une question de choix avec les riders sur les spots que l'on aimerait shooter.
Le lendemain, le transporteur, nous attendaient pour une visite guidée des lieux. Toujours - 8000 ° C…

Le rail du stadium Krilatskoe, premier accro avec les gardiens qui ne voulaient rien savoir. Mais nos riders locaux ont managé l'affaire en 5 minutes. Finalement, on a eu le droit de slider durant 20 minutes et de dégager direct, ce que nous avons fait sans demander nos restes. Toujours très sociables ces miliciens !!!! quel flip.


Place Kropotkinskaia, immense place avec son église orthodoxe, la douceur du climat n'a pas fait encore son apparition et on se pelle comme jamais. Plus ça va moins, ça va. Quelques marches gelées et une rampe nous attendent. Un petit kick et une petite poussée énergétique pour prendre du speed et c'est parti. Bernard et Bienqu'à 10 mètres des arrêts de bus, pas une personne ne s'est manifestée ou ne s'est montrée intriguée par ce gars qui ridé des barres de fer en pleine ville, même pas la police. On a l'air d'être libre et les gens complément je m'en foutiste. Une fois la session dans la boîte, allez vite au bar pour boire un café au chaud !!!

Rail stade Velotrek. Belle ambiance nocturne, à la sortie du stade de vélo qui pour l'instant est sinistré.18 h environ, les bureaux sont fermés et les pots d'Alex ne travaillent pas. On se retrouve une dizaine de personnes sur le spot, tous spectateurs d'un soir. Un rail rouge avec un kink, encore un spot différent. Toujours pas plus de monde intrigué par ce qui se passe, même pas un bonjour… à part nos spectateurs privés, toujours prêts à te donner un coup de main pour pelleter et jouer du goulot.
Radiation nucléaire ce jour-là, le transporteur a capoté. C'est une mythique Lada qui a repris du service pendant toute la journée, celle du père de Sasha, un rider blessé et un type vraiment bien. Quel exploit de la part du fiston qui a forcé son ancien à nous driver dans le tout Moscou. En effet, ce dernier ne voyait pas ça du même œil. Assit au volant de la voiture toute la journée, occupé à maintenir une température acceptable dans la caisse le temps de shooter les deux spots, l'ancien s'en mord encore les doigts. Et si je vous dis qu'il n'a même pas eu l'idée de goûter au spectacle depuis le parking. D'ailleurs parlons en du spot !
À droite de ce parking un perron dominant toute la ville avec les églises dorées en contre bas et a l'opposé des cheminées de chauffage centrale qui dénaturent le paysage. Deux rails sont à dispo. Le premier en kink sur le perron avec un scénique hors du commun sur les clochetons et les bâtiments des vieux quartiers.
Juste de l'autre côté, un bâtiment soviétique aux allures modernes avec une façade complètement contemporaine et des rails sur sa longueur. Le truc, c'est qu'à l'intérieur de ce bâtiment qui semble désert voire à l'abandon, une pile nucléaire est installée sans aucune sécurité extérieure. Bizarre comme pays.
St-Petersbourg
Des couchettes en skaï, des compartiments minuscules, une sorte de transsibérien bien assit sur ces rails. C'est parti pour huit heures de train de nuit, entre Moscou et st Pet.
Le golf de Finlande et le lac Ladoga prenne en étau l'ancienne Leningrad, la frontière finlandaise n'est qu'à 150 km, et helsinski a 400 km. Beaucoup de marchandises transit par la Finlande sans passé par la case départ, c'est le business à al russe.
Toujours une fraîcheur ambiante nous glace, mais il fait plus chaud, les courants de la mer Baltique nous font profiter d'un peu de chaleur à - 23°, pourtant nous sommes six cents km plus au nord que Moscou. La Neva est gelée et la neige envahit le par terre de la ville. Comme Moscou, l'ambiance nocturne dans la ville est unique, les lumières drapent les façades des immeubles, le froid transit les gents, sans que personnes n'aient l'air plus dérangé que ça, l'habitude peut être. Les restos et les bars sont pleins, et la vodka coule à flot. Les filles sont de plus en plus belles, c'est incroyable…, C'est le conte des milles et une nuit.

A notre arrivé, truc et much nous attendaient pour nous driver dans les spots autour de st pet. Une dixène de stations dans les 100 km du centre de la ville. Un foie de plus, presque toutes équipées de pipe de big air et park de rail. A 40 km au sud, l'une des stations les plus proches de la ville, en plein milieu des champs de bétrave, n'offre pas plus de 50 m de dénivelé, mais un big air bien charpenté, construit en rondin de bois, et éclairé pour les sessions nocturnes, ce spot est atypique. Ils ont une manière unique d'associer le ski classique sur les pistes et de profiter de l'évolution des sports de glisse en construisant des modules pour satisfaire toute cette nouvelle clientèle. Aucunes retissances au développement des infrastructures, comparé a certain de chez nous, je dis ça je dis rien. 2 heures au nord, red lake, des collines boisé de sapin au milieu des lacs. Ce spot sympathique avec plusieurs versant à rider, au moins 200 m de dénivelé. Le mauvais temps est au rendez-vous comme souvent dans ce pays, le Park n'était pas au top, donc on profiter de deux gros nichons de neige à canon pour faire quelques images heroticoski.

La banlieue c'est pas rose la banlieue c'est morose…. Voilà des paroles qui conviennent à ce spot dans les quartiers nord de st pet. Des barres d'immeubles s'entremêlant, les gens s'entre croisent, la population vieillissante nous interpelle, mais ou sont les gamins, c'a ne ressemble pas aux cités de chez nous ou les gamins traînent dehors soi-disant trop tard dans la nuit. En Russie ce sont des banlieues de vieux, une maison de retraite géante. Et au milieu de cette tranquillité octogénaire, des rails de toutes sortes, pas très haut, mais 20 m de long sur un tube, bon challenge pour l'aprèm, tous l'ont passé non sans peine. Tout en faisant attention aux anciens et en leur laissant la priorité à l'utilisations des escaliers, souvent le temps d'attente était rigolo, 5 min pour 40 marches, beau score.

Aberrations humaines
Parfois il faudrait tirer la sonnette d'alarme, et bannir la connerie humaine de notre existence.
D'une bonne attention, l'importateur movement organise un conteste de big air et rail pour notre venue, dans la station de Novo Peredelkino à 30 minutes de Moscou. Une colline de 64 m de dénivelé éclairé la nuit et tout équipé, 4 big air, un pipe, des rails, un paradis pour le freestyle en pleine ville. C'a pourrait être une usine à champions.
Une quarantaine de riders était présent, et tous motivé pour rider ce pack digne des voisins US. Mais la mise en route traîne un peux et traîne tellement que l'on se pose des questions. L'importateur n'a pas cédé a la milice qui lui demande 3000 € pour l'utilisation du Park. Impossible de rider les table qui pourtant était fraisé comme jamais et super bien shaper. La milice faisait pression sur tout le monde en interdissent de monter trop à pied sur les pistes. Après mainte et maintes heures de négociations, le contest a pu commencer. Du sommet du spot les toitures des banlieues sont à nos pied, une ambiance assez hors du commun.

Quelques ambiances de cette vue panoramique différentes, et trois images des jumps avec la profondeur sur ville pour situer l'ambiance. À la vue de mon appareil photo, un milicien me bondit dessus et m'interdit de faire des photos, un peux surpris de l'action, j'essaye de comprendre ce langage, impossible, l'Anglais, pas mieux donc je lui parlais en français, car le ton de la voix se levait au fur et a mesure des phrases. Je cède le premier avant de prendre une rafale de kalache dans le cul. Dé fois, il vaut mieux être un con vivant qu'un héros mort pour le freestyle. Un petit tour sur soit pour faire style, je me casse, et hop je me planque derrière le kiker, pour shooter les images au grand angle, vu que les photos de loin, j'avais eu le temps d'en faire 2 avant l'embrouille.
À coup de rafales, je shoot les gars sans savoir qui sautait, mais a un moment le plus important n'est pas d'avoir une photo du champion du monde mais simplement pouvoir appuyer sur le bouton librement. Et bien sure je me suis fait gauler, et repris une branlé comme jamais, mais serin avec mes images en boîte, je leur ai donné raison et descendu ai l'arrivé du stade. C'est serein que je retrouve Antoine, hissam et carim après leur session, on discutait tranquillement, jusqu'à qu'un gamin du cru se met un vautre sur le plat en bas du landing. 10 seconde se passe, pas l'ombre d'un mouvement de la part du rider, on commence à se rapprocher, et là, il était en pleine convulsion, on a bien cru que c'était son heure. Je sors ma couverture du survie, demande un médecin à la milice équiper de radio.Voilà le médecin, vêtu d'un long manteau en ploile de bête, qui prend en main les opérations.Pas très convinquente la meuf, finalement le petit gars reprend ces esprits, soulagé, nous le mettons dans le traîneau, que personne n'a dégagé de neige. sur le dos a plat, puis la femme le fait mettre de coté, tous un peu soulagés par le déroulement de l'action, a ce moment-là la femme le met sur le ventre, la face dans la neige du traîneau. Tellement surpris de cette action que nous sommes resté coi. En Russie le droit de la blessure est interdit.

Fiche pratique

  • Visas : obligatoire
  • Période propice : février, mars, jusqu'en juin à St-Petersbourg
  • Langue : russe - Alphabet :cyrelique
  • Guide : obilgatoire, franco/russe

Liens

  • Le site pro du photographe Jako Martinet pour commander vos photos.
  • La marque de skis suisse Movement qui soutient Sarah Martinais et Camille Imbert.

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