Macugnaga

Macugnaga

Posté dans : Blog, Ski, Trips | 0

A l’heure où j’écris ces lignes, on se remémore avec nostalgie cette saison 12/13.

Cette saison folle, le genre de saison ou les frères ripolin ont bien blanchi le spot des alpes. L’enneigement est bon un peu partout, une saison ou finalement tout est là au bout de la pointe du rocker spatule. Donc nul besoin de se faire une grande tirée à l’autre bout du monde, mais encore fallait-il trouver un spot original.

On est en avril, et bien sûr, toujours une seule idée en tête, rider là où c’est bon. Et donc pour se payer une bonne tranche de poudre à cette période, il faut se la jouer fine, d’autant plus qu’on est sur un créneau restreint. On savait qu’il se passerai un truc du côté du nord de l’Italie mais où, combien quand et comment.

L’Italie, ce pays qui n’a parfois rien à envier à la France à tant de points de vue, y compris et surtout en quand il s’agit de ski. En Italie, jamais vraiment de quoi se risquer sur du bizarre.

Le coffre de la bagnole est plein de matos. Après quelques palabres on décide de filer en direction du Nord-Ouest de la botte, non pas vers les Dolomites mais vers l’envers du Mont Rose, dans le pas loin de la frontière Italo/Suisse par là-bas au travers du Piémont, au fin fond de la vallée d’Anzasca : à Macugnaga.

Pourquoi encore un fond de vallée ? J’avais entendu du côté de la Grave que Macugnaga valait le déplacement. On m’avait parlé d’un spot sauvage, une sorte d’endroit particulier, là où la route se termine face au Mont Rose. Cette vallée de l’Anzasca est striée d’une seule route qui serpente en fond de vallée ou se succèdent des petits villages posés là dans les entrailles de la montagne. Cette vallée, tel un far ouest de je ne sais quoi a été marquée par l’histoire séculaire de la quête de l’or. La dernière mine, elle a fermé dans les années 60.On imagine facilement à cette époque une partie des mineurs aller danser le twist et l’autre partir à la recherche de l’or blanc.

Le Mont Rose, il est omniprésent à Macugnaga, c’est le deuxième plus haut sommet des Alpes et d’Europe occidentale. Un monument qui culmine à 4634 mètres d’altitude. Le mastard s’impose forcément à toi dés ton arrivée à Macugnaga. La vision de sa face Nord Est te fais rêver, une paroi aux grandeurs Himalayennes, une face striée de lignes potentielles de grande ampleur dont le couloir Marinelli bref du brutal un tantinet majestueux, du magnétique de l’incontournable un peu comme la Meije vis-à-vis de La Grave.

Allez, assez d’élucubrations historico-culturelles, Macugnaga est aussi et surtout un spot de ski et c’est ce qui nous a fait venir trainer nos lattes dans ce coin perdu. Arrivés en même temps que la chute de neige on se pionce pleins d’espoirs de poudre. L’espoir de grosse session a été rapidement balayé par un énorme coup de vent…Alors je décrirai ici simplement quelques runs qui nous ont permis de tirer notre épingle du jeux ; si tant est que ce jeux soit homologué hein Walter !

Aller rider à Macugnaga, c’est deux options possibles pour deux spots complètements différents Monte Moro et Belvedere. Monte Moro c’est le spot le plus vaste, accessible avec la télécabine du Monte Moro qui porte son nom. La tyrolienne qui dessert l’endroit est restée dans son jus, depuis sa construction en deux tronçons successifs édifiés respectivement en 1959 et 1962. D’abord une cabine d’une contenance d’une vingtaine de personne maximum, en version rectangulaire qui fait un premier stop à 1650m. C’est le seul moyen de retour que nous trouverons compte tenu de l’enneigement disons, venté. Puis la montée s’enchaine dans une seconde cabine guère plus grande qui te pose directement à 2800m d’altitude. Entre temps on a survolé une seule piste de descente qui fait le trajet entre 1650 et 2800, deux téléskis et un télésiège. Tout le reste est à repérer, réfléchir, sentir, rider et rêver…

Au départ de Passo Moro, le spot est en version haute montagne. Suffit de contourner la gare d’arrivée par l’arrière et après 20m de marche, on peut chausser et s’enquiller trois combes successives pour se retrouver au milieu de nulle part, face au Mont Rose (encore lui). Le run de Roccete Bis déroule sur près de 1000m, tout au long du run il faut se laisser glisser légèrement main gauche pour récupérer ensuite la piste et le télésiège. Ce run se fait assez facilement à vue depuis la cabine pendant la montée. Gaffe quand même à ne pas se satelliser au point de zapper les ruptures de pentes et la proximité du col ou le transport de neige n’est pas rare.

Après avoir ridé ces combes, il est encore possible de décaler à droite, c’est Roccete. Là aussi le tarif c’est 1000m de négatif. Sans trop descendre il faut ensuite récupérer la piste main gauche, encore de la grande courbe et du grand large dans une pente régulière.

A droite de Roccete et à mi-run, s’étire un couloir entre deux pans de falaise, un bout de 40° bonne ambiance avec vue sur : le Mont Rose. Un petit voyage à déguster tranquille mais pas trop tard quand même, (c’est orienté Est donc çà chauffe vite). Ici c’est bien tranquille, ce n’est pas la course à la trace. Si on a croisé un seul gonz casqué avec une « Gros pro » et nantis de skis larges, même le week end c’est bien le bout du monde.

Bien sûr, il est possible de descendre à 1650m en passant par les alentours de la piste. Au programme, une enchainade de petites combes et de mini couloirs délimités par des petites barres rocheuses et parsemés de mélèzes. Il faut juste suivre à peu près l’axe de la ligne de la télécabine, en restant légèrement à sa gauche, c’est comme ça que ça se passe à Macugnaga Monte Moro.
Tant qu’à faire ensuite, autant se faire un stop à la Monte Moro Hutte, chez Christina ; la gardienne de cette petite cabane refuge posée sur une bute à l’écart des pistes face au : Mont Rose…

Christina c’est la gardienne, la porteuse, la serveuse, la cuisinière. C’est celle qui écoute les histoires des uns et des autres venus siffler une bière ici entre deux runs. Tantôt l’histoire d’un mec venu faire du carving sur la piste tantôt celle d’un barbu venu faire une peau ou encore celle du run d’un snowboarder. A chacun son aventure. Christina elle pose la bouteille de grappa sur la table à la fin du repas. A la vue des photos qui trainent au-dessus du comptoir on devine facilement que Christina n’est pas là par hasard, c’est une montagnarde et pas une saisonnière de la Grande Motte venue faire du blé ici cet hiver, non rien de tout cela, car Christina elle à torché l’Everest…

Au sortir de la Hutte si t’es pas trop attaqué par la grappa, tu peux prendre le télésiège puis le téléski et monter au Passo del Monte Moro. En haut du dernier téléski il y a juste à basculer derrière pour enquiller le run de la Mecchia. Une combe sauvage version grand ski, un run interminable face au : Mont Rose. Bien rester main droite pour récupérer la fin de la piste qui te ramène ensuite à 1650m.

Je ne te livre là que le peu qu’on a pu faire malgré des conditions délicates, saches que tout le reste est à imaginer.

Pratique :
Y aller : Deux solutions possibles :

1° Tirer par la Suisse, pour cela, passer du côté de Chamonix, basculer vers Vallorcine, Martigny, puis Sion, direction Lausanne, puis le Simplon et basculer en Italie puis enquiller sur Varzo, Domodossola, puis à Piedimurella tourner à droite direction Macugnaga. Et là, çà fait déjà un moment que tu roules, et il reste encore environ 40km d’une petite route de vallée sur encaissée avant d’arriver au spot.

2° Basculer en Italie par le col du Montgenèvre tunnel et remonter direction Milano et au niveau de Novara, braquer sur la A 26 en direction du Sempione, (le Simpon en langue Suisse) puis Piedimurella et pour la suite c’est indiqué au-dessus.

Formalité administratives :
Pour ceux qui planent déjà à l’idée de rider de la poudre, en cas de passage par la Suisse, ne pas oublier la vignette et le passeport.

Dormir :
Comme on est arrivé un peu au dernier moment, on n’a pas cherché le bed&breakfast bien roots mais on a squatté à la Casa Alpina. Une sorte d’hôtel/pension sympa bon rapport qualité prix en demi-pension : budget : 43 € par nuit par personne.
casalpina-macugnaga.com

Manger :
A Macugnaga :
Encore une fois, l’Italie, c’est un peu l’autre France, mais en moins cher, en plus simple et en tellement aussi bon. Donc je vous laisse face à l’embarras du choix, et surtout démerdez vous. Gaffe quand même, les Italiens ils vont au resto le soir donc les bonnes cantines sont souvent blindées.
Notre cantine du trip a été la pizzeria Roffel, four à pizza à bois, pizzaiolo qui dégomme de la bonne pizza, bonne cuisine traditionnelle Italienne et du coin à base de gibier et de cochonnaille du Piémont, sourire du personnel (çà change de certaines stations de chez nous), bref, le bon rapport qualité prix, et la petite ristourne si tu viens de la part de la Casa Alpina.
Sur les pistes :
On n’est pas du genre à s’envoyer du resto d’altitude, mais là faut faire un détour par la Montemoro hutte chez Christina un petit caboin version refuge au milieu du spot du Passo Moro à 2600m, vraie ambiance refuge, cuisine italo/suisse bonne ambiance et bouteille de grappa posée sur la table en fin de repas.

Skier :
Vu qu’on a parlé que de hors-piste, autant dire qu’en Italie ce dernier est toléré mais il faut rester responsable de ses actes car on rigole moins qu’en France en cas de problème.

Forfaits :
C’est pas cher pour du tout bon : 26 euros la journée.
Forfait Passo Moro et Belvédère :
Ce pass permet de rider les deux spots mais il faut prendre la voiture pour aller du Funivie qui monte au Passo Moro à Belvedere.
Infos au cas où : funivie@macugnaga-monterosa.it

Guidos et héliski :
Si l’envie vous prend de faire coup de ventilo notamment pour aller descendre le fameux couloir Marinelli. Outre ce run, le ventilo semble peu intéressant au regard de ce qui peut se faire par gravité à Monte Moro.
Web: guidealpinemacugnaga.it